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Une voix pour si... une voie pour ça

Publié le 04/03 à 16:05
Le chant - Entre la maternité d'Auxerre, la prison de Joux-la-ville et le choeur de jeunes Mikrokosmos...

Le chant fait partie de tous les rites de passage des différents âges de l’être humain. Naissance, adolescence, mariage, décès, le chant rythme, console, apaise mais aussi défoule, canalise, bref nous accompagne pas à pas, note à note. C’est la pratique musicale la plus ancestrale et la plus accessible...

Un film d’Emmanuelle Dubergey
en 52 minutes et quelques mesures
Une coproduction Sombrero et France 3 Bourgogne Franche-Comté
samedi 8 mars à 16h15

 Au sommaire
  Voir un extrait du documentaire
  Le chant mis en images
  La voix est le véhicule des émotions
Voir un extrait du documentaire
 Mikrokosmos - au coeur du chant
Le chant mis en images
- Anna Rochelle  -

La réalisatrice Emmanuelle Dubergey fait une plongée au « chœur » de cet instrument premier décliné sur 3 modes différents et complémentaires. Anna Rochelle est notre guide dans cet univers. Soprano, artiste lyrique et pédagogue inventive, elle développe sur tous les tons les valeurs positives et reconstructrices du chant. De la maternité d’Auxerre où elle incite les femmes enceintes et les jeunes mamans à être « à la hauteur »,  à la prison de Joux-la-ville où elle aide les détenues à « prendre l’air », en passant par le chœur de jeunes Mikrokosmos dont elle est le « soigneur » officiel qui leur fait atteindre une perfection professionnelle, Anna promène et transmet sa joie de vivre, de chanter mais aussi une écoute précieuse et sincère.

 

La voix est le véhicule des émotions

"La voix est le véhicule des émotions, de l’âme, des tripes, du cœur et surtout, il faut chercher à aller vers la simplicité et l’humilité pour que l’émission vocale soit bonne, sans tension, c’est sans doute ce qu’il y a de plus difficile pour l’Homme.

Le chant prénatal est le début de l’histoire : Le bébé est sans préjugé, sans contrôle, il n’est (naît !) qu’EMOTION. C’est pour cela que le chant prénatal est un lien si fort quand les parents arrivent à lâcher et retrouver « l’enfant intérieur » qu’ils sont encore…
En prison, c’est vers une renaissance qu’il faut aller, dans la joie de cette nudité de l’âme, qui donne de la détente, du plaisir et réhabilite l’enfant mal aimé qui a transgressé les interdits de la société afin qu’on le remarque, qu’il existe, n’ayant que cette violence pour Amour !
Chez un musicien professionnel, c’est laisser la place à la spontanéité, la liberté qui amèneront la simplicité alors que la formation musicale est aliénante de trop d’intellectualisation, de répétition des acquis (pourtant indispensable et tellement fondatrice !) qui font oublier l’inné !… la joie qui amène au phrasé (le fameux legato !).
Donc pour tout cela, travailler sérieusement sans se prendre au sérieux, avec aussi beaucoup de technique et une ligne de conduite précise, direction de travail où chacun avancera à son propre rythme… La musique du corps et de l’âme VOIE par laquelle pourra enfin s’épanouir la VOIX. »
Bourguignonne d’adoption, Anna Rochelle m’a permis de la suivre pas à pas . Elle a un discours à la fois très abouti, très élaboré mais en même temps tout à fait accessible sur son travail. Si on lui demande ce que lui apportent toutes ces séances avec des personnages aussi divers, elle vous répond en termes d’enrichissement humain et émotionnel. Si ceux qui passent avec succès entre ses mains lui vouent souvent admiration et reconnaissance, elle parle toujours de ce qu’elle reçoit, de ce qui l’enrichit, elle, qui lui permet de modifier ou améliorer une pédagogie en constante évolution, à dimension humaine, qui ne se laisse pas enfermer par des courants ou des « écoles » plus ou moins à la mode. D’une joyeuse indépendance, Anna construit ses itinéraires personnels, son propre chemin de vie nourrissant à chaque instant ses séances de chant.
Voici donc ce que j’ai découvert, ressenti au cours de cette expérience, voici ce que je souhaite faire partager au téléspectateur d’une plume, pardon, d’une caméra légère."

Emmanuelle Dubergey